Il y a des légendes que l’on découvre dans les livres.
Et puis il y a celles que l’on a l’impression d’avoir toujours connues.
Celles qui se transmettent au détour d’une conversation, celles que l’on entend raconter par les anciens, celles qui semblent tellement liées à un territoire qu’elles finissent presque par faire partie de ses paysages.
Le Houéran est de celles-là.

Et lorsque j’ai découvert cette vieille légende vosgienne, je me suis dit qu’il était impossible de ne pas lui ouvrir une petite porte dans la forêt de la Chouette Nini.
Mais avant de vous raconter sa rencontre avec la Chouette Nini et Brindille, faisons connaissance avec celui que l’on appelle parfois le gardien des forêts vosgiennes.
🌲 Qui est le Houéran ?
Le Houéran appartient au patrimoine légendaire et oral des Vosges.
Son histoire est particulièrement associée aux forêts et aux vallées des Hautes-Vosges, notamment du côté de la Moselotte et de la Haute-Moselle. Comme beaucoup de légendes transmises oralement, son apparence et son histoire peuvent varier selon les endroits et les récits.
On le décrit généralement comme une créature imposante et sauvage, avec une longue barbe, des vêtements sombres et un large chapeau.
Certaines versions lui donnent également des caractéristiques animales, notamment des jambes de bouc.
Mais s’il y a une chose que les récits semblent avoir particulièrement retenue, c’est son cri.
Un cri puissant, étrange, capable de résonner entre les arbres et de faire réfléchir celui qui aurait la mauvaise idée de s’aventurer là où il ne devrait pas.
Son nom pourrait d’ailleurs être rapproché du verbe vosgien « houérer », qui signifie crier ou brailler.
Alors forcément…
Houééééé…
Vous l’entendez ?
🌿 Un monstre ?
Pas vraiment.
Derrière son apparence impressionnante se cache surtout une figure de protecteur de la forêt, on le dit capables de manipuler des tisons ardents sans se brûler 😮
Dans les récits, le Houéran veille sur les bois et fait fuir ceux qui viennent les exploiter ou prendre ce qui ne leur appartient pas. Il est notamment associé à la protection des forêts contre les voleurs de bois et les personnes qui ne respectent pas les lieux.
Finalement, son message est plutôt simple :
La forêt se respecte
Et lorsqu’on pense à la place que les forêts ont occupée pendant des siècles dans la vie des populations vosgiennes, on comprend facilement comment une figure chargée de les protéger a pu trouver sa place dans l’imaginaire local.
Certaines interprétations ont également cherché à expliquer l’origine de cette créature. Le Houéran a notamment été rapproché du Grand-duc, dont le cri nocturne et la présence mystérieuse dans les forêts auraient pu participer à nourrir l’imagination populaire.
Mais comme souvent avec les légendes…
Il n’existe pas forcément une seule explication. Il y a les histoires. Les souvenirs. Les croyances.
Et tout ce que chaque génération ajoute au récit.
🔥 Une histoire qui se transmet
Avant d’être écrites dans des livres ou racontées sur Internet, les légendes étaient avant tout des histoires que l’on se racontait.
Elles accompagnaient les veillées. Elles faisaient parfois rire, parfois peur.
Elles servaient aussi à transmettre des règles, des valeurs et une certaine façon de regarder le monde.
Et c’est peut-être cela qui me plaît le plus dans les légendes.
Elles voyagent.
Elles changent légèrement de visage, elles traversent les générations.
Mais elles gardent toujours quelque chose du lieu où elles sont nées.
Le Houéran, lui, est profondément lié aux forêts vosgiennes.
Alors forcément…
Je me suis demandé ce qui arriverait s’il décidait un jour de quitter ses montagnes pour aller découvrir une autre forêt.
🌲 Et si le Houéran venait rendre visite à la Chouette Nini ?
C’est ainsi qu’est née l’idée des Visiteurs de la Forêt.
Dans cette nouvelle série, la Forêt de la Chouette Nini devient un endroit où les légendes venues d’ailleurs peuvent venir faire un petit détour.
Et pour commencer cette aventure, il fallait forcément un visiteur qui ait quelque chose à dire sur la forêt.

Le premier allait donc être…
Le Houéran.
Un matin, Brindille découvre d’immenses empreintes dans la mousse.
La Chouette Nini et elle décident de suivre les traces, s’enfoncent dans le sous-bois.
Puis soudain…
GRRRRRRRRR…
Un grondement résonne entre les arbres.
Elles viennent peut-être de trouver leur visiteur.
🌲 Une rencontre dans la forêt
Le Houéran apparaît finalement entre les troncs.
Immense. Impressionnant.
Avec sa longue barbe hirsute et son grand chapeau.
Brindille n’en mène pas large.
Mais le Houéran les rassure.
Il n’est pas venu pour leur faire peur.
Il vient d’une autre forêt et il a une histoire à leur raconter.
Une histoire de bois, de bûcherons, de promeneurs…
Une histoire de respect.
Car même si les forêts peuvent être très différentes les unes des autres, elles ont quelque chose en commun :
elles méritent toutes d’être protégées.
Et peut-être que les forêts se parlent vraiment.
Pas avec des mots.
Mais à travers ceux qui les aiment.
🍂 Les légendes n'ont pas vraiment disparu
C’est finalement ce que j’aime dans ces histoires.
Elles appartiennent au passé…
Mais elles peuvent encore trouver leur place aujourd’hui 😍
Il suffit parfois d’un vieux récit.
D’un cri entendu entre les sapins.
D’une empreinte dans la mousse.
Et soudain, l’imaginaire reprend vie.
Le Houéran continue ainsi de vivre dans la mémoire et l’imaginaire vosgiens, tandis que de nouveaux projets culturels et artistiques contribuent aujourd’hui à faire redécouvrir cette figure légendaire.
Alors, la prochaine fois que vous vous promènerez dans une forêt vosgienne…
Tendez l’oreille.
On ne sait jamais.
Houééééé…
Et si vous entendez quelque chose derrière vous… ne courez pas tout de suite.
Commencez peut-être par regarder les empreintes.
📜 Une petite précision
L’histoire de la rencontre entre le Houéran, la Chouette Nini et Brindille est une fiction créée pour l’univers de L’ Atelier de la Chouette Nini.
Le Houéran, lui, appartient bien au patrimoine légendaire vosgien.
Les différentes descriptions de cette créature peuvent varier selon les récits, les villages et les sources.
Parce qu’une légende vivante n’est jamais tout à fait figée.
Elle continue de voyager et peut-être même… de visiter d’autres forêts 😉









